Les allergies alimentaires ne sont pas encore bien comprises et il est difficile de trouver des preuves de leur existence. Mais que faire si vous pensez que votre bébé soit allergique ou sensible à quelque chose qu'il mange ?
Une allergie alimentaire est souvent caractérisée par une réaction allergique immédiate à un aliment spécifique, tandis que l'intolérance alimentaire est une réaction déplaisante à un certain type d'aliments, qui n'est pas allergique et peut ne pas être immédiate. Selon l'EUFIC (le Conseil Européen de l'Information sur l'Alimentation), les allergies alimentaires touchent environ deux pour cent de la population. Toutefois, bien plus de gens ont des intolérances plus ou moins sérieuses à certaines substances, qu'il s'agisse d'aliments ou de boissons. Les recherches actuelles semblent indiquer qu'une personne sur trois pourrait être affectée par ce problème.
Les bébés peuvent également subir des allergies ou des intolérances alimentaires, mais souvent celles-ci disparaissent en grandissant, lorsque leurs systèmes immunitaires et digestifs se sont développés. Les produits laitiers, comme le lait, le fromage et les yaourts, sont parfois impliqués dans certains problèmes de santé chez l'enfant, comme les otites, des réactions dermatologiques et des difficultés au niveau du comportement. Additifs et colorants artificiels sont également associés avec certains troubles du comportement.
Les symptômes des allergies et intolérances alimentaires varient d'une personne à l'autre et pourraient trouver leur origine dans autre chose : c'est pourquoi il vaut toujours mieux faire diagnostiquer votre enfant correctement par votre généraliste ou votre pédiatre. Signes et symptômes à repérer :
Gonflement des lèvres, de la langue ou du visage.
Irritation de la bouche et de la gorge.
Eruption cutanée.
Crampes et douleurs abdominales.
Nausées ou vomissements.
Diarrhée.
Ballonnements d'estomac et gaz intestinaux.
Eternuements et nez bloqué ou qui coule.
Attention aux symptômes en cas de réactions allergiques sérieuses, plus connus sous le nom de réactions anaphylactiques : lèvres et langue gonflées, éruption cutanée avec démangeaisons, gonflement de la gorge et difficultés respiratoires. Si ce n'est pas immédiatement soigné, cela peut provoquer une perte de conscience et, dans de rares cas, être mortel. Si vous suspectez un choc anaphylactique, appelez immédiatement un service d'urgence (SAMU, POMPIERS) ou composez le 15 ou le 18 ou le 112, ou allez immédiatement aux urgences.
Si vous pensez qu'il est possible que votre bébé ait une allergie ou une intolérance alimentaire, consultez votre médecin pour qu'il établisse un diagnostique correct. Parlez à votre généraliste ou à votre pédiatre si vous avez des antécédents familiaux en ce qui concerne les allergies aux fruits à coques et à l'arachide, ou en cas d'allergies alimentaires sérieuses.
Les aliments suivants provoquent couramment des allergies ou une intolérance : le lait de vache, les oeufs, le blé, les fruits de mer comme les crevettes, l'arachide et les fruits à coques - particulièrement les cacahuètes, le soja, les agrumes, les tomates et les additifs.
Si vous soupçonnez qu'il existe un lien entre la santé ou le comportement de votre enfant et son alimentation, consultez sans tarder votre pédiatre ou un(e) nutritionniste avant d'éliminer l'aliment en question de son alimentation. L'élimination du lait de l'alimentation par exemple n'est pas une décision à prendre à la légère et vous devez vous assurer d'abord de pouvoir remplacer son apport en nutriments d'une autre façon afin d'éviter des carences.
Peut-on éviter les allergies et les intolérances ?
Bien que l'eczéma et l'asthme ne soient pas nécessairement liés à l'alimentation, des études ont montré que l'allaitement exclusivement au sein les six premiers mois réduit le risque de voir ces problèmes se développer. D'autres études montrent qu'une diversification précoce (avant la quinzième semaine) est liée au développement d'une respiration sifflante, qui est souvent un des symptômes de l'asthme.
Si vous avez des antécédents familiaux d'allergies ou d'intolérances, alors l'allaitement au sein est un bon moyen de protéger votre bébé. Si vous préférez ne pas allaiter ou si ce n'est pas possible, il est recommandé de ne pas diversifier l'alimentation de votre bébé avant au moins la fin de sa quinzième semaine.
Diagnostiquer des allergies et des intolérances
Il est possible de tester certaines allergies à des aliments comme le blé, les produits laitiers, les fruits à coques et autres fruits à l'aide de tests cutanés (“prick test”) ou de prises de sang. Pour les tests cutanés, une petite goutte de l'aliment suspect est placée sur la peau de l'enfant et on pique, à l'aide d'une petite pointe, au centre de cette goutte. Une petite bosse apparaît au bout de quelques minutes si votre enfant est allergique à cet aliment. Ce test est normalement effectué chez un allergologue.
Pour une prise de sang, on effectue un petit prélèvement de sang que l'on envoie ensuite à un laboratoire pour qu'il y soit analysé. Les résultats sont plus longs à revenir (entre une et deux semaines) et c'est pourquoi on recourt habituellement aux tests cutanés.
Il peut aussi être utile de consigner dans un cahier tout ce que votre enfant mange, ainsi que les apparitions (ou non) de symptômes, car cela peut faciliter l'identification des aliments qui posent des problèmes. Parlez à votre généraliste ou à un nutritionniste : ils seront à même de vous conseiller.
Vivre avec une allergie
Une fois qu'une allergie ou une intolérance a été diagnostiquée, il faudra effectuer des changements dans l'alimentation de votre enfant et supprimer les aliments dont on a identifié qu'ils provoquaient chez lui une réaction. Ne le faites que sur conseil médical afin d'éviter toute carence. Un nutritionniste saura vous donner des informations concernant les ingrédients à identifier sur les étiquettes alimentaires, étant donné que les aliments et les dérivés alimentaires ont souvent des noms différents.
Au début, il sera sans aucun doute compliqué de faire vos courses, de cuisiner et de manger au restaurant, mais cela deviendra plus facile par la suite. Heureusement, les supermarchés sont assez bien pourvus en aliments spécialisés sans lait de vache, sans gluten et sans blé, et il existe beaucoup de livres de cuisine qui proposent des recettes adaptées qui permettent de donner l'impression de manger des repas “normaux”.
Il est possible de réintroduire progressivement une petite quantité des aliments qui causent une réaction pour constater si votre enfant peut les tolérer en petites quantités. Encore une fois, consultez un médecin et ne réintroduisez jamais un aliment auquel votre enfant est allergique sans suivi médical.